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Les Dicos d’or

Ah! Le plaisir de cultiver la langue française que j’adore depuis ma plus tendre enfance.

C’est juste le plaisir de jouer avec les mots, oui, d’apprendre de nouveaux mots, voilà.

Tenter ma chance, voir si je pouvais gagner.

Ce sont plus de 500 000 adultes et écoliers qui tentent leur chance chaque année. Le défi: être reconnu(e) comme champion ou comme championne de la dictée du monde francophone.

Le principe de la dictée, vous le connaissez sans doute: quelqu’un fait la lecture d’un texte qu’il faut essayer de réécrire sans fautes d’ortographe. Ce petit jeu fait partie de l’enseignement en France depuis des générations.

En 1985 l’épreuve s’est transformée en concours national, l’année suivante la compétition est devenue internationale. Aujourd’hui, sous le nom Les Dicos d’or*, c’est devenu une institution de la culture française ainsi qu’une émission de télévision de diffusion mondiale.

Le célèbre journaliste Bernard Pivot en est le maître de cérémonie. Aux finales régionales, qui ont eu lieu à Lyon début novembre dans le grand musée d’Histoire Naturelle, il nous a livré ses clefs de la réussite.

Ah! Eh bien oui, parce que c’est un jeu, parce que la dictée, c’est un jeu. Aux plus anciens ça leur rappelle des souvenirs nostalgiques de l’école et puis aux plus jeunes…. ils ont envie de se mesurer, d’apprendre des mots, de… et voilà, c’est une sorte de … je dirais plutôt que c’est un jeu national plutôt qu’un sport national. Et puis, c’est plutôt ça. Vous savez, les gens sont de bonne humeur et ils savent très bien, la plupart, qu’ils iront pas à Paris pour la finale parce qu’ils sont pas assez bons mais il y en a dedans effectivement qui sont très bons et qui espèrent l’emporter sur les autres, voilà.

Aujourd’hui, les champions gagnent des éditions spéciales des dictionnaires Larousse. Mais autrefois, c’était tout l’avenir scolaire qui se jouait, comme le rappelle M. Pivot:

C’est une tradition française de l’enseignement français. L’enseignement français a toujours pratiqué l’apprentissage de la langue par la composition française et la dictée. Et même autrefois, dans le certificat d’étude* qui était ce qui correspondait au bac* dans l’école de Jules Ferry, eh bien, quand on faisait cinq fautes à la dictée, on était recalé, même si on avait les meilleures notes en mathématiques. Alors on donnait à l’époque à l’orthographe une importance que heureusement elle n’a plus, mais qu’on essaie quand même de lui redonner à travers le biais de l’orthographe qui est une sorte de sport national.

Heureusement? Comment le maître du jeu lui-même se félicite-t-il de cette baisse d’importance de la dictée dans le curriculum scolaire? Est-ce qu’il rejetterait l’esprit académiste implicite dans ce jeu?

Non c’est pas ça… c’est-à-dire que autrefois on donnait à l’orthographe une place trop importante. Je veux dire, faire cinq fautes et avoir zéro au certificat d’étude…. Alors aujourd’hui peut-être qu’on ne lui donne pas assez d’importance, c’est-à-dire qu’aujourd’hui c’est… je pense que l’orthographe c’est quelque chose, non pas d’essentiel, on peut très bien réussir dans la vie en ayant une mauvaise orthographe, c’est pas pour autant qu’il faut la négliger de même qu’on ne néglige pas de faire sa toilette ou de manger ou de boire, donc, c’est très bien aussi d’avoir une bonne orthographe, même si ça n’est plus aujourd’hui l’une des valeurs essentielles de la culture.

Et vous, lectrices et lecteurs de la Guinguette, est-ce que vous avez le niveau requis pour entrer dans le jeu? Sachez qu’avec plus d’une ou deux erreurs vos chances de l’emporter sont minces. Ecoutez donc maintenant un petit extrait du texte qui a été proposé aux finales régionales. Et attention, chaque accent, chaque trait d’union a son importance!

Quand vous aurez écrit votre texte, vous pourrez regarder en vérifier l’ortographe en cliquant ici.

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