2005_01_cul_fr

Le peuple de l’herbe – Cube

– C’est peut être la première fois où, à la fin d’un album, oûù on est entièrement satisfaits du tout : de l’album lui-même, où t’as pas de regrets au bout de deux trois semaines à te dire, ouais on aurait dû faire ça ça ça. Là, il y a vraiment quelque chose où le disque sort et tu es content de toi. Ça veut pas dire que tu vas dire aux gens : c’est le meilleur album ! C’est pas ça. Mais toi, t’es déjà satisfait, c’est déjà hyper important. On est satisfaits musicalement. On est satisfaits de la pochette…

Le peuple de l’herbe a une position florissante. Un des groupes phares de la musique électro française vient de sortir Cube – son troisième disque – loué par la critique. Ils ont donné «une leçon de virtuosité» selon le journal Libération. DJ Stani, un des fondateurs du groupe en est bien fier:

– J’aime beaucoup Mission parce que JC il a fait un super rap, que l’on avait une bonne boucle.

– J’aime beaucoup la Musique Electronique parce qu’on l’a fait? c’est le dernier morceau qu’on a fait. On l’a fait? il a une espèce de fraîcheur.

Le peuple de l’herbe est né en 1997. Sa réputation s’est établie sur des concerts live. Un mix de musique électronique, de hip hop, reggae, funk, drum and bass a animé des soirées d’adrénaline qui ont créé des fans inconditionnels. Ils ont gagné en sophistication au fil des années, sans perdre la dynamique qui fait leur succès. Psychostick en est le batteur.

– Ouais, faut l’énergie, faut aussi écouter les autres, il faut pas que s’écouter soi-même. Après, je crois que c’est le? c’est sur le tas*qu’on apprend. C’est en en faisant beaucoup, en se trompant? C’est en se trompant qu’on apprend !

– On s’inspire des sets DJ qui progressent, qui ont une progression ou alors on attaque des sets très très fort, on fait redescendre et on fait remonter. On essaye de réfléchir par rapport à nos morceaux, comme dans un set DJ, où on veut aller. On ne contente pas de jouer les morceaux les uns après les autres. On essaye de? On joue beaucoup de styles musicaux différents et donc, parfois, si on les jetait simplement au hasard, ça serait pas cohérent? Alors que les morceaux, des fois, en les mettant dans le bon ordre, tu arrives à faire une progression et à captiver l’attention du public.

Est-ce qu’on peut discerner un style spécifiquement français? Personne n’est mieux placé pour le dire que le rappeur anglais JC, qui chante avec "Le peuple" sur son dernier disque.

– Not a style as such but the way you look at music, for instance the "mélange" that they use, the diversity, is French. Not the individual parts, you hear the same music as we do in the UK, or in America, but perhaps you perceive it in a different way. It’s a different way of using it.

– Ouais le mélange, le mélange je crois que c’est vraiment? On est comme les mobylettes, on marche au mélange* !!

– Comme disait JC, en Grande-Bretagne, très souvent, il y a un style et chaque artiste essaie de créer un nouveau style ou, dans un style, être le plus performant ou le meilleur et, nous, de pas chercher à avoir de style précis comme disait N’Zeng, c’est-à-dire simplement faire ce qu’on aime, le mélange, ça va peut-être devenir un style mais c’était pas voulu à l’origine.

Après sept mois passés dans un studio, "Le peuple" prépare maintenant une tournée européenne. Le trompétiste N’zeng est content de quitter enfin les salles d’enregistrement :

– Il fallait sortir un peu de la cave parce que là, bon, on n’avait pas trop vu le jour. D’ailleurs, ça doit un peu se voir sur nos faces. Non, mais c’est vrai que nous, le live est super important. C’est un peu une deuxième vie pour les morceaux qu’on a fait en studio, surtout que là, sur cet album, on a vraiment? On est partis de rien? Tu vois, ce n’est pas une redigestion de morceaux qu’on aurait fait en live, tu vois. C’est vraiment? On est parti de zéro. On a fait un album studio et, là, maintenant, on les réinterprète en live donc c’est pour ça qu’on est à Bourgoin dans la nouvelle salle pour travailler le son, travailler tout un tas de choses.

– Ah ben, c’est du plaisir ! Je sais pas. C’est du pur plaisir ! C’est de l’énergie ! C’est?

– Il y a une espèce… un moment, une espèce de, entre guillemets, transe qui fait que tu fais quelque chose que tu aurais jamais prévu. On a eu des concerts références un peu, tu vois que… on se souvient un peu avec eux, tu sais, on? Ça te fait sourire ! Rien qu’à l’idée d’y repenser ! Il y a eu des endroits, notamment en Bretagne, où il y a des réactions. Les gens sont? par exemple, en Bretagne, c’est un public qui nous suit depuis longtemps. On a joué au Trans Musicales * la première fois dans le In parce qu’on l’avait fait dans le Of l’année d’avant et il y avait eu une espèce de révélation, tu vois, avec le public. C’est vrai que c’est des choses qui nous ont marqués quoi ! Enfin, des Eurockéennes? il y a eu tout un tas de choses comme ça. Mais c’est vrai que quand, nous, on trouve la cohésion, entre nous, en live, on ressort avec le smile en fin de concert. C’est vraiment? c’est une satisfaction. Alors que quand on n’est pas super contents de nous, même si le public était à fond, on a un peu? tu vois, c’est? Bon, tu as envie de faire mieux le lendemain quoi !

Les concerts "live" de la musique électronique ne sont pas strictement "live": beaucoup d’éléments sont préprogrammés sur ordinateur. Néanmoins il reste une importante marge de manoeuvre, comme nous l’explique N’Zeng

– Le noyau dur, en fait, de nos morceaux est fait sur machine et il reste toute une part qui joue en live, qui envoie des voix en direct. Il y a une part d’improvisation ou d’arrangement en live. C’est psychostick. Il a des parties de batterie qu’il va fixer pendant les répètes* montées mais qu’il va pouvoir un petit peu changer, suivant chaque soir, parce que pareil à la trompette, tu peux? Il y a des choses, il y a des variantes. Si tu veux, on est à mi-chemin entre le live complètement électronique et le live plus rock and roll, je dirais, ou un live d’un groupe classique fonctionne sur? sur l’instant. Enfin, c’est tout en live. Nous, on est un peu entre les deux donc on a le mauvais côté des machines, ce qui fait que c’est un peu fixé. Mais, on y envoie la souplesse du live aussi. Donc, c’est un peu cet équilibre qu’il faut qu’on arrive à trouver à chaque fois qu’on se remet à travailler sur un nouveau live, c’est? mais il y a quand même des choses. Il y a une structure générale de chaque morceau qui est toujours fixée à l’avance quand même et c’est à l’intérieur de chaque case, tu vois, chaque case qu’on peut, ben, qu’on peut évoluer, enfin, changer quoi !

– Au début, c’était un peu chacun fait un peu son truc dans son coin. Et puis, en fait, le fait d’enregistrer…, tous les concerts on les enregistre, on les réécoute. Donc le fait de les enregistrer, c’est une remise en question tous les soirs ou le lendemain, tu vois, on le réécoute le lendemain et tu tries les mauvaises idées et les bonnes idées et, depuis, je dirais, depuis pratiquement trois ans, on a trouvé l’équilibre entre nous. On s’écoute vachement plus qu’au tout début. Au tout début, c’était presque? c’était presque un cliché de la musique électronique. C’est-à-dire chacun fait son petit truc dans un coin ou? c’est pour ça qu’on a tendance à dire, même depuis ce dernier album, ça a pris une maturité en? c’est plus un fonctionnement de groupe, en fait, c’est un vrai fonctionnement de groupe. C’est plus quatre personnes distinctes, c’est vraiment un bloc de gens. Enfin, un truc plus soudé, quoi !

– Là, on est un peu tendus parce qu’on est en train de se préparer, qu’on fait les répètes et que il faut qu’on soit prêts, qu’on arrive à un niveau de qualité qui nous satisfasse parce qu’on est très très exigeants. On est tous fanatiques de musique. On achète beaucoup de disques mais on voit aussi beaucoup de concerts et on va toujours en voir parce que c’est très important pour nous de voir ce que les autres font, ce qu’ils arrivent à exprimer et, nous, on a toujours détesté le syndrome laptop. Nous, nos références, c’est des groupes… lui, il a joué avec Georges Clinton, ça en fait partie, les Bad Brains, les Fishbones, les groupes qui sont waaa, "Straight in your face". Et, avec toute la modestie, nous on n’est pas au même niveau mais c’est ce qu’on veut quand on est sur scène, on veut donner tout ce qu’on a de meilleur et ouais, il faut que ça reste un plaisir.

Une tournée européenne devrait faire partager ce plaisir à beaucoup de monde

– Eh ben, on va faire une quinzaine de dates en France et, après, on va faire… on va enchaîner sur une tournée, une mini tournée européenne en fait. Bon, ça va être tout le Bénélux, donc Belgique : Belgique francophone, flamande, on va aller en Hollande, on va faire à peu près sept, huit dates en Hollande. L’Allemagne pour nous c’est un peu nouveau. Là on va faire quinze dates! Puis, il y a l’Espagne. On a cinq dates en Espagne et, puis, il y a des bonnes choses qui se préparent peut-être pour les pays Nordiques, tout ce qui est un peu la Scandinavie.

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