2009_01_soc_fr

ENTRETIEN

Des manifestations sont régulièrement organisées pour la défense de la Poste et des services publics. Les syndicats et des partis de gauche ont fait signer des pétitions contre la privatisation. Patrick Braillon, directeur d’établissement courrier en Charente-Maritime nous explique pourquoi, selon lui, son entreprise doit évoluer.

-Ce qui change aujourd’hui dans l’activité courrier, c’est que… On est passé d’un marché qu’on appelait mature à un marché en déclin tout simplement parce qu’il y a de moins en moins de courrier. Vous prenez, par exemple, la Carte vitale*. La Carte vitale a supprimé quelques millions de feuille d’assurance maladie. Internet remplace également le courrier, donc nous sommes sur un marché en déclin, euh, c’est une préoccupation. Il faut que nous nous adaptions. Par contre, il y a toujours un bon côté des choses à regarder, c’est que l’activité Internet génère des envois de colis. Donc, ce que nous perdons d’un côté, nous en récupérons une partie de l’autre.

-Quand on a vu récemment des manifestations pour défendre les services publics et notamment la Poste, on a vu des syndicats qui disent : « l’Etat se désengage », etc. Voilà. Qu’est-ce qu’on répond à ce qui est dit dans ces manifestations ?

-Ecoutez. On a beaucoup parlé de la privatisation de la Poste. Ce qu’a souhaité notre président, c’est en aucun cas une privatisation, c’est une ouverture de capital, donc la différence déjà est fondamentale. L’Etat restera majoritaire et la Constitution préserve la Poste de cela puisque pour que l’Etat se désengage et ne soit plus actionnaire majoritaire, il faudrait qu’il y ait modification de la Constitution. Après, c’est du ressort du politique et non de l’entreprise. Ce que souhaite le président de la Poste, c’est d’avoir une manne financière tout simplement pour continuer, pour permettre à la Poste de se moderniser. Vous voyez que nous sommes ici dans des locaux relativement vétustes qui, pour une activité comme le courrier qui est une activité industrielle, ne sont plus adaptés. Nous avons besoin de construire de nouveaux bâtiments ; qui plus est, cela pose d’autres problèmes puisque nous faisons venir des poids lourds et nous sommes au cœur de la ville, donc en termes de sécurité routière, ce n’est pas non plus très très bon. Donc nous avons besoin d’argent frais, comme toute entreprise et c’est en ce sens que notre président a souhaité une ouverture de capital ; et, à mon sens, c’est un moyen de pérenniser l’entreprise. Je crois qu’aujourd’hui, il ne faut pas attendre tout de l’Etat et que le fait d’avoir une ouverture de capital, au contraire, je pense que c’est une sauvegarde de l’entreprise.

*Carte Vitale : carte à puce qui permet de se faire rembourser les consultations médicales et les médicaments directement par l’assurance Maladie, sans envoyer de courrier.

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