2009_02_cul_fr

Entretien : « C’est pas un cataclysme qui va arriver du jour au lendemain »

Les acteurs de l’industrie du ski tiennent-ils vraiment compte des enjeux liés au réchauffement climatique et à la crise ? Réponse avec Jacques Guillot, vice-président de l’Association Nationale des Maires de Stations de Montagne, il est aussi maire de Chamrousse, une station iséroise.

– C’est un paramètre qu’il faut intégrer dans nos réflexions mais nous sommes encore relativement rassurés et optimistes. C’est pas un cataclysme qui va arriver du jour au lendemain. Regardez cette année, l’ensemble des stations est enneigé, y compris en basse altitude.

– L’année dernière, c’était la crainte effectivement : les stations qui étaient plus basses ont eu plus de mal pour leur saison.

– Oui effectivement, si les… ce qu’on appelle les fenêtres de froid engendrent des précipitations qui ne sont pas neigeuses, ou, s’il y a eu de la neige, la font fondre, c’est une préoccupation qu’on a. Donc aujourd’hui, effectivement, les investissements, les réflexions font que… il y a des altitudes sur lesquelles aujourd’hui les investissements sont tout à fait normaux. Sur d’autres, on se pose des questions. Par contre, on s’adapte aussi, avec la neige de culture, avec le travail des pistes et puis, autre chose qui est important, c’est que toutes les remontées mécaniques aujourd’hui sont faites pour remonter nos clients mais également, pour certains cas, si on ne peut, par exemple, pratiquer la glisse que sur les parties sommitales.

– Il y a vraiment des logiques aussi sur le développement durable, sur… en termes de transport, un peu, essayer de minimiser l’impact de ce loisir, finalement, de cette activité, sur l’environnement ?

– Oui je crois que, là aussi, il faut pas faire de procès d’intention. La montagne n’est pas plus, j’allais dire, mauvais élève, que d’autres activités industrielles ou de loisirs. C’est une économie importante, la montagne. Dans le PIB français, le tourisme est important, donc simplement, c’est que aujourd’hui, les impacts son plus approchés, plus appréhendés qu’auparavant. Au niveau des remontées mécaniques, on est dans une phase, on va dire un petit peu, de réhabilitation de remontée qui sont de première génération. Il y a des remontées mécaniques qui datent des années 50. Donc, l’objectif, c’est d’avoir des porteurs plus importants et de réduire le nombre de porteurs sur la station. C’est-à-dire, souvent, on met un gros porteur qui va apporter 3000 personnes/heure en débit et on va en démonter 3 autres. Donc l’impact est inférieur, ça permet de rendre du domaine skiable, celui qui est occupé par les remontées mécaniques, sans aller chercher sur des extensions de territoires. Donc ça, c’est bien sûr dans le développement durable.

-Est-ce que vous avez subi, quelque part, l’effet e la crise, peut-être pas encore, mais est-ce que vous l’avez ressenti ces dernières années ? Un pouvoir d’achat aussi un peu plus bas qui fait que les gens ont peut-être pas les moyens de payer 6 jours de ski, par exemple ?

– Je crois qu’il y a deux choses en France qui sont importantes. C’est que, un : la diversité de nos massifs et de nos stations fait que l’on trouve, en fonction de sa bourse et de ses désirs tout simplement, toujours des vacances de son choix à son prix. Donc ça, c’est l’intérêt des massifs français, on peut aller de la station très huppée et très chère à la station, petite station où on va vivre en gîte, qui sera tout à fait adaptée. Ça, c’est le premier point. Le deuxième, sur la crise, ben aujourd’hui, on fait peut-être un petit peu exception, mais c’est un constat aujourd’hui. La montagne n’a, cette année, pas eu de retour lié à la crise. On a eu, au contraire, un démarrage de saison, grâce à la neige et puis peut-être aussi à l’adaptation des produits qu’ont faits les stations, qui, pour les vacances de Noël était plus en phase avec des vacances de février. Donc, j’allais dire, supérieur, en termes, de fréquentation, avec des budgets que l’on pensait peut-être répartis différemment, avec un consommation, soit des métiers de bouche, soit des métiers de location de ski ou autre qui baisserait. C’est pas le cas aujourd’hui dans une très très grande majorité de stations. Peut-être, sur le mois de janvier, un petit bémol sur les stations très haut de gamme, où les clientèles viennent mais n’ont peut-être pas la même durée de séjour qu’ils avaient les années précédentes.

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