2009_04_cul_fr

ENTRETIEN : Marie Luquet de la CCI de Lyon

Lancement

Au-delà du micro-crédit, la création d’entreprise est en plein boom en France. Une loi récente, entrée en vigueur le 1er janvier dernier, facilite les démarches administratives pour les entrepreneurs individuels, aussi appelés “autoentrepreneurs”. Ce sont les Chambres de Commerce et d’Industrie (CCI) qui accueillent et qui immatriculent ces nouvelles entreprises. Marie Luquet est responsable de la création d’entreprise à la CCI de Lyon.

On a atteint un niveau record de création d’entreprise en 2007 avec 320 000, plus de 320 000 créations d’entreprises, et depuis le lancement du statut de l’auto-entrepreneur donc au début de l’année 2009, nous, on assiste à Lyon -et un petit peu partout en France- à une explosion des flux à l’entrée. Nous, on a enregistré plus 26% au mois de janvier, par rapport à janvier dernier, de créateurs d’entreprises qui se présentent en disant : “j’ai un projet de création”. C’est vrai que la création d’entreprise est revenue un peu à la mode. Avant, c’était beaucoup plus sécurisant et valorisé de faire toute une carrière dans une entreprise, et si possible une grosse, notamment dans les années 80 avec le modèle américain. Maintenant la création d’entreprise est plus valorisée, il y a des énormes efforts de communication et de sensibilisation des jeunes notamment dans les écoles pour valoriser la création d’entreprise et puis, ben, nous, en fait on est un petit peu…, nos flux sont à l’inverse des crises économiques, c’est-à-dire, malheureusement, moins l’économie va bien, plus le chômage augmente et nous, plus on a de personnes qui arrivent en pensant à la création d’entreprise comme une alternative à l’emploi salarié, souvent parce qu’ils n’ont pas le choix.

– Est-ce qu’on a la parité, est-ce que c’est 50-50 hommes-femmes?

– Non. Les hommes restent majoritaires. En gros, les femmes représentent 30% de la création d’entreprise. Uniquement.

– Pourquoi, selon vous?

– Ce qu’on voit souvent, c’est que les femmes -bon, elles ont les mêmes chances que tout le monde de réussir- souvent elles sont plus prudentes, ce qui est bien et pas bien. Elles sécurisent bien leur projet, en revanche souvent elles osent pas, donc elles vont -c’est pas une critique mais…- peut-être manquer d’ambition, en ayant tendance à moins investir, moins prendre de risques, moins mettre d’argent, et heu, bon la création d’entreprise c’est aussi une histoire de prises de risques.

– Est-ce qu’il y aurait des conseils, comme ça, que vous auriez à donner à des personnes qui envisagent cette possibilité ?

– Le premier conseil à donner, c’est de préparer son projet. Sur la région Rhône-Alpes par exemple, à trois ans, il y a 62% des entreprises qui sont encore existantes. Donc, pour jouer sur ce taux de pérennité, il faut préparer son projet. Alors l’idée, c’est que l’accompagnement c’est utile, parce que bien entendu on va donner des conseils, de l’expertise, on va aider le porteur de projet mais aussi tout simplement le porteur de projet à partir du moment où il accepte d’être accompagné, d’être conseillé, c’est qu’il accepte de passer du temps pour préparer son projet. Le jour où il crée sa…, son entreprise, donc où il s’immatricule, il a tout de suite la tête dans le guidon, et il faut qu’il développe et il n’a plus le temps de réfléchir à tout ça. C’est-à-dire que s’il n’a pas réfléchit à sa manière d’aborder son marché, c’est trop tard. Il le fera en direct, mais peut-être que -et c’est souvent le problème d’ailleurs- le temps qu’il mettra pour trouver ses premiers clients, ben, il n’aura peut-être pas la trésorerie suffisante pour tenir jusque-là. Et puis, après, un autre conseil, c’est de partir sur un secteur d’activité qu’on maîtrise, qu’on connaît. Le chef d’entreprise donc, il aura plusieurs casquettes : commercial, technicien, gestionnaire, et il ne faut pas qu’il ait en plus à apprendre le métier qu’il fait. Donc, c’est vrai que de créer dans un domaine qu’on connaît parce qu’on est formé, parce qu’on a une expérience professionnelle, parce qu’on a un réseau, ben, c’est quand même très très très important et souvent on nous demande quels sont les secteurs porteurs : il y en a des créneaux, mais le secteur le plus porteur, c’est le secteur qui est maîtrisé par la personne qui porte son projet.

 

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